Magazine Savoir FCSQ - Fédération des commissions scolaires du Québec

Les saines habitudes de vie

Le Club des petits déjeuners

Un allié pour la santé des écoles

Marie-Josée Lapratte,
Directrice des programmes – Est du Canada, Club des petits déjeuners

En 1994, une équipe a décidé de poursuivre un rêve : celui de faire déjeuner les enfants le matin afin qu’ils puissent réaliser leur plein potentiel, peu importe le contexte socioéconomique dans lequel ils évoluent. Ayant débuté à l’école Lionel-Groulx, en Montérégie, le Club des petits  déjeuners est maintenant présent à travers tout le Canada, dont 317 écoles du Québec, parmi lesquelles figure toujours ce premier club.

À coups d’essais et d’apprentissages, le Club a évolué dans le rôle qu’il joue, passant de maître d’oeuvre des clubs à un accompagnateur épaulant les écoles dans la mise en place et la coordination de leur club. En étant à l’écoute des besoins des milieux scolaires, l’organisme a modifié ses pratiques pour leur faire une plus grande place, puisque nul n’est mieux placé que leur personnel pour saisir les besoins quotidiens réels des enfants. Le Club a diversifié ses manières d’appuyer les écoles afin de proposer des formules plus adaptées à chaque réalité.

Peu importe leurs besoins et défis, les écoles peuvent s’appuyer sur la vaste expérience du Club des petits déjeuners et profiter des relations qu’il établit avec des partenaires alimentaires. Ce sont des coordonnateurs qui assurent, dans chaque région administrative du Québec, ce rôle  d’accompagnateur auprès des écoles. Entre autres, les coordonnateurs du Club des petits déjeuners :

  • S’assurent de la formation des bénévoles en chef;
  • Accompagnent les écoles dans l’élaboration de leur projet de club et dans leurs premiers pas;
  • Facilitent la collaboration avec d’autres organisations pouvant venir en aide aux écoles;
  • Sont des personnes-clés pour les clubs bien après leur création, en cherchant des manières d’innover et de mieux répondre aux besoins spécifiques des élèves.

La présence bienveillante et récurrente des adultes est nécessaire au succès d’un programme de petit déjeuner scolaire.

La mesure du gouvernement du Québec : qu’est-ce que ça change ?

En juin dernier, dans le cadre du plan d’action gouvernemental pour l’inclusion économique et la participation sociale 2017-2023, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) a annoncé la Mesure 15016 permettant aux écoles primaires ayant un rang décile de milieu socioéconomique (IMSE) de 8, 9 ou 10, d’obtenir du financement afin de mettre en place un programme de petits déjeuners pour leurs élèves. Le Club des petits déjeuners a collaboré avec le MEES dans l’élaboration de cette mesure afin de s’assurer que des standards de qualité élevés soient respectés pour le bien-être des enfants.

Les écoles éligibles qui n’ont pas encore de programme de petits déjeuners peuvent désormais adhérer à cette mesure. Les sommes allouées se composent d’une allocation forfaitaire et non récurrente de 5 000 $ pour le démarrage du programme (achat d’équipements) et d’une allocation de 216 $ par an, par élève inscrit au programme, proportionnellement au nombre de mois durant lesquels les petits déjeuners seront offerts.

Les écoles établiront également un partenariat avec le Club des petits déjeuners afin de s’appuyer sur l’expertise de l’organisme dans le but d’offrir un programme de petits déjeuners de qualité, continu et durable respectant des standards reconnus 1. Cela n’enlève cependant d’aucune façon le contrôle qu’ont les écoles sur leur club de petits déjeuners, qui peut évoluer avec leur milieu.

Cet investissement du gouvernement ne change toutefois pas le rôle du Club des petits déjeuners, qui demeure un organisme de charité indépendant. Il continuera également d’oeuvrer dans les écoles secondaires et de maintenir les activités dans les clubs préexistants, tout en poursuivant l’objectif de voir un jour un programme national de nutrition scolaire au Canada.

Harmony, Phoenix, MacKenzie, Hope, Chloe, Ava et DeMarcus profitent de leur premier déjeuner, préparé entre autres par Caitlin, jeune bénévole dans leur école.

 

Le premier club financé par la mesure 15016 a vu le jour !

L’école Mécatina de La Tabatière de la Commission scolaire du Littoral a ouvert le tout premier club grâce à la mesure 15016. Leur formidable mobilisation leur a permis de recevoir la livraison d’équipements et de denrées avant la prise des glaces. Ils ont donc eu un premier déjeuner festif juste avant le congé des Fêtes. Les 32 élèves qui fréquentent cette école pourront dorénavant y déjeuner dans un climat bienveillant chaque matin de classe. De nombreux nouveaux clubs débuteront également leurs activités cet hiver et ce printemps !

Les établissements qui désirent mettre en place un programme de petits déjeuners doivent remplir le formulaire disponible sur Collecte-info : collecteinfo.education.gouv.qc.ca. Plus de détails sur la Mesure 15016 sont disponibles sur le site web du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.

L’IMPACT D’UN CLUB SUR LE MILIEU SCOLAIRE

Afin de bien comprendre les effets tangibles des clubs dans les écoles, un questionnaire est envoyé aux directions de celles-ci six mois après la mise en place de leur programme. Leurs réponses ont permis au Club des petits déjeuners de mieux mesurer les effets d’un club sur une école et sur la vie des enfants.

D’abord et avant tout, une hausse de 104 % du temps d’attention des enfants est estimée 2. Cela représente non seulement une foule d’apprentissages supplémentaires pour les enfants, mais aussi une plus grande facilité pour les enseignants à leur transmettre leur savoir. C’est d’autant plus vrai qu’une baisse moyenne de 44 % du nombre d’interventions reliées aux problèmes de comportement a été rapportée 3.

La présence d’un club se traduit aussi par une plus grande assiduité des élèves, qui s’est améliorée dans 53 % des écoles sondées 4. C’est aussi une diminution importante des retards à l’école qui a été constatée dans 47 % des écoles 5. Il y a aussi en moyenne deux fois moins d’interventions liées aux problèmes de santé 6.
Le bénévolat jeunesse a également une place importante au sein des clubs. Les jeunes sont encouragés à s’impliquer dans le service des petits déjeuners, qu’ils aient eux-mêmes besoin ou non des services du Club. Les responsabilités qui leur sont alors attribuées contribuent à développer une plus forte confiance en eux, ce qui se répercute dans plusieurs sphères de leur vie. Ils réalisent alors qu’ils peuvent jouer un rôle dans leur communauté et apporter des solutions aux problèmes qu’ils vivent quotidiennement. Des camps de leadership sont d’ailleurs organisés, entre autres afin de permettre aux jeunes de trouver ensemble des solutions innovantes afin de contribuer au bon fonctionnement de leur club. Ils tissent des liens et s’entraident pour avancer plus loin dans chacun de leurs projets.

Les jeunes sont aussi encouragés à prendre part à la préparation des
petits déjeuners.

Ouvrir un Club des petits déjeuners

Qu’une école puisse bénéficier de l’allocation gouvernementale ou non, le Club peut l’accompagner dans la création de son programme des petits déjeuners. De  multiples facteurs peuvent influencer le mode d’organisation qui correspond le mieux à ses besoins.

Il existe toujours une solution pour que les enfants d’une école puissent commencer leur journée avec un déjeuner nutritif et l’énergie d’apprendre, comme en témoigne cette vidéo.

L’objectif du Club des petits déjeuners est que la faim ne soit pas un frein à l’apprentissage des enfants. Le Club ne se contente pas de les nourrir : de nombreux critères ont été identifiés au fil du temps afin que le déjeuner ait un impact sur plusieurs aspects de leur vie scolaire :

  • Assiduité des adultes qui les accompagnent;
  • Ouverture obligatoire du Club des petits déjeuners tous les jours de la semaine;
  • Menus variés comprenant 3 des 4 groupes alimentaires, afin d’assurer une alimentation nutritive pour les enfants;
  • Ouverture du Club à tous les enfants d’une école pour créer un esprit de communauté et d’inclusion au sein de l’école;
  • Tout mettre en oeuvre afin que le Club soit un environnement bienveillant où tous les enfants se sentent en sécurité.

Fort de son expérience, le Club des petits déjeuners a pu constater l’importance de chacune de ces conditions. Elles sont sine qua non afin de répondre aux besoins de base des enfants qui pourront ensuite se concentrer sur leur réussite.

Le Club des petits déjeuners vous invite à communiquer avec eux pour toute question sur les possibilités pour vos écoles au [email protected]

 


  1. Les établissements peuvent choisir d’établir un partenariat avec un autre organisme, établi depuis au moins deux ans et exerçant des activités dans le domaine de la sécurité alimentaire en milieu scolaire, qui satisfait aux critères déterminés, si cet organisme est approuvé par le conseil d’établissement.
  2. Le rapport complet est disponible aux pages 6 à 9 du rapport annuel 2016-2017 du Club des petits déjeuners.
  3. Idem
  4. Idem
  5. Idem
  6. Idem