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Y a-t-il un capitaine à bord ?

L’importance d’exercer un leadership mobilisateur en situation de turbulence

| Par Pierre Lainey Professeur en management à HEC Montréal

lainey_pierreLe monde de l’éducation traverse actuellement des moments turbulents et les repères d’hier ne seront peut-être pas ceux de demain. L’incertitude est omniprésente, ce qui rend hasardeuse la prise de décision. C’est dans ce type de contexte que l’exercice d’un leadership mobilisateur s’avère essentiel, et pour cause : ne rien faire en attendant que la tempête se calme est la recette assurée pour démobiliser les gens. Ceux-ci n’ont alors plus le goût de s’investir dans les projets, et le défaitisme s’installe. C’est l’immobilisme qui les guette : on attend, on ne fait rien, parce que si jamais on faisait les « mauvaises » choses… S’il est une règle immuable dans la nature, c’est bien que « tout corps au repos a tendance à rester au repos »… Il faut insuffler une impulsion aux objets stationnaires si l’on souhaite les faire avancer. Et les êtres humains n’échappent pas à cette règle. Cette impulsion doit venir de la personne qui acceptera de jouer le rôle d’un leader mobilisateur dans le contexte actuel.

Le leadership

Le leadership, c’est l’art d’influencer une ou plusieurs personnes, en fonction d’un objectif commun. Pour que les gens soient mobilisés, il leur faut un « mobile » : ce peut être un projet nouveau à mettre en place, un défi à relever, une menace à contrer. C’est dans la mobilisation que les gens trouvent l’énergie pour réaliser des choses et en tirer une certaine satisfaction. Le leader mobilisateur verra dans la turbulence des opportunités pour faire bouger les gens afin que leur énergie ne soit pas dissipée à travers de vaines tentatives de contrer, voire de neutraliser la turbulence, mais bien pour la canaliser vers la réalisation d’un objectif commun, mobilisateur. Pour y arriver, le leader mobilisateur aidera les gens à traverser quatre zones de turbulence : le rejet, la résistance, l’exploration et l’engagement.

Le rejet

Le rejet, c’est l’étape durant laquelle les individus écartent toute nouvelle idée ou toute nouvelle initiative comme étant futile. Les gens ont des préoccupations communes face à la turbulence et n’arrivent pas à s’en détacher : ils s’inquiètent de l’avenir, ils broient du noir… C’est en modulant son influence que le leader mobilisateur arrivera à tracer la voie vers la réalisation d’un objectif commun et, ainsi, à traverser l’étape du rejet. Pour certains individus, un objectif mobilisateur procure une direction (« On sait où on s’en va, pour le moment »), stimule l’atteinte de résultats (« On sait ce que ça va donner »), favorise le travail collaboratif (« J’aime que nous travaillons tous ensemble à réaliser cet objectif plutôt que de dissiper nos énergies à droite et à gauche ») et permet l’innovation (« C’est le moment d’essayer quelque chose de nouveau »). Une fois cette étape franchie, c’est la phase de résistance qui émerge. C’est l’étape durant laquelle les gens mettent l’épaule à la roue et travaillent à la réalisation de l’objectif, mais constatent que les ressources pour y arriver ne sont pas toutes disponibles, que la collaboration n’est pas acquise, et que le sentiment « de travailler pour rien » s’installe.

shutterstock_229010278Le leader mobilisateur doit poser les gestes qui s’imposent pour amener les gens à sortir de cette zone où, si rien n’est fait, c’est l’immobilisme assuré : les projets n’avancent pas, la frustration s’installe et les conflits ponctuent le quotidien. Avec un savant dosage d’influence, le leader peut faire progresser ses troupes vers la phase de l’exploration. C’est à cette étape que les gens changent leurs façons de faire et trouvent des moyens innovateurs pour réaliser leurs objectifs. Le niveau de mobilisation, qui était à son plus bas à l’étape précédente, augmente graduellement face à la possibilité de réaliser quelque chose autrement. C’est la démonstration qu’il est possible de réaliser quelque chose de bon et de bien, malgré la tempête qui fait rage.

L’engagement

C’est sur cette lancée que le leader doit viser la dernière étape du périple, celle de l’engagement. C’est ici que les gens ont retrouvé une bonne dose d’énergie et sont fiers des résultats obtenus. L’engagement vis-à-vis l’organisation et vis-à-vis les collègues est à son zénith : la turbulence aura été source d’énergie pour donner le meilleur de soi-même. Sous l’impulsion du leader, les gens se seront découvert des qualités qui leur auront permis de braver la tempête et d’en dégager des réalisations dont ils ne seront pas peu fiers… grâce à l’impulsion d’un leader mobilisateur.

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