Magazine Savoir FCSQ - Fédération des commissions scolaires du Québec

Décembre 2013

Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi

| Par Marie Blouin, conseillère en communications, FCSQ - [email protected]
Marie Blouin Conseillère en communications FCSQ mblouin@fcsq.qc.ca

Marie Blouin
Conseillère en communications
FCSQ

Des conséquences inquiétantes pour le réseau scolaire

La réforme de l’assurance-emploi du gouvernement Harper ne touche pas que les travailleurs saisonniers dans le secteur des pêches ou du tourisme, par exemple. Elle vise aussi de plein fouet le réseau scolaire québécois : 115 000 personnes en sont affectées. Le 10 octobre dernier, la Fédération des commissions scolaires du Québec a participé aux audiences publiques de la Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi pour faire connaître son point de vue et les conséquences des modifications à l’assurance-emploi dans un milieu jusqu’ici, passé sous silence, le réseau scolaire.

L’assurance-emploi du gouvernement fédéral touche les travailleurs saisonniers, mais aussi les travailleurs occasionnels des commissions scolaires notamment. Davantage de femmes que d’hommes sont concernés par cette mesure au Québec selon le Comité consultatif Femmes en développement de la main-d’œuvre.

femme_deux-jeunes-fillesPrécisément, cette réforme de l’assurance-emploi a des conséquences directes sur plus de 25 000 éducateurs et techniciens en service de garde, 20 000 préposés aux élèves handicapés et techniciens en éducation spécialisée, plus de 20 000 surveillants d’élèves et 50 000 enseignants contractuels. Ces postes sont occupés en grande partie par des femmes. Ces emplois cycliques sont nécessaires et importants et permettent de répondre à des besoins ponctuels et réels dans le milieu scolaire québécois.

Prenons l’exemple d’une éducatrice en service de garde mise à pied le 21 juin avec un retour au travail prévu le 26 août suivant. Cette personne sera obligée de postuler vers un autre emploi et de l’accepter. Si cette éducatrice quitte volontairement son nouvel emploi pour retourner à la commission scolaire, elle sera pénalisée dans ses prestations futures.

Déjà, les commissions scolaires vivent un gros problème de rétention et d’attraction du personnel principalement dans les régions éloignées. Comment rendre ces emplois cycliques plus attrayants dans un contexte où l’individu et la commission scolaire sont pénalisés?

La réforme envisagée dévalorise ces emplois nécessaires en plus d’entraîner une perte de qualification de la main-d’œuvre, un mouvement et un renouvellement constant du personnel affectant ainsi la qualité des services aux élèves. C’est ce que la Fédération a dénoncé tout en rappelant à la Commission nationale que les commissions scolaires doivent pouvoir compter sur la disponibilité de ces personnes pour répondre aux besoins des élèves et des parents durant l’année scolaire. L’absence d’étude et d’analyse d’impact dans le milieu scolaire aurait dû être prise en considération avant d’entreprendre une telle démarche.

Dans son avis, la FCSQ croit que les obligations relatives à la recherche d’emploi convenable doivent tenir compte non seulement de la situation de l’individu, mais aussi des particularités des emplois dans le réseau scolaire. Elle dénonce aussi l’absence d’étude et d’analyse des impacts d’une telle réforme sur le réseau scolaire québécois. Les conséquences de cette réforme sont lourdes à porter. Les postes affectés semblent voués à devenir des postes de sous-ordre, de transition et peu attrayants pour la main-d’œuvre. Il s’agit là d’autres préoccupations que la Fédération a aussi indiquées aux membres de la commission dans son souci de maintenir l’excellente qualité des services aux élèves du réseau des écoles publiques.

Source : Avis de la Fédération des commissions scolaires du Québec sur les modifications à la Loi sur l’assurance-emploi, juin 2013.

Le Devoir du 27 avril – www.ledevoir.com/politique/canada/376851/manifestation-assurance-emploi

www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2013/03/12/011