Magazine Savoir FCSQ - Fédération des commissions scolaires du Québec

Juin 2012

Innover en éducation

Oui mais à plusieurs!
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Thérèse Laferrière, directrice , Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES) – [email protected], et Claire Lapointe, directrice, Département faculté des sciences de l’éducation, Université Laval – [email protected]

L’innovation et la recherche sont souvent associées. Lorsqu’il s’agit d’innovation sociale, c’est sur les gens qui œuvrent sur le terrain que repose le nouvel équilibre à atteindre. Le logo du 20e anniversaire du Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES) veut le reconnaître. Avec plusieurs commissions scolaires comme partenaires, le  CRIRES a pu réaliser de nouvelles configurations pour augmenter la réussite scolaire des jeunes.

Ces configurations reflètent la capacité des acteurs à améliorer leurs manières d’accompagner les élèves, les enseignants, les classes, les écoles, les familles et les communautés locales vers la réussite. La mission du CRIRES est de soutenir la persévérance et la réussite scolaires par la recherche et l’intervention. Dans son acception la plus univoque, la réussite scolaire est l’atteinte des objectifs d’apprentissage et de développement propres à chaque étape du cheminement scolaire de l’apprenant, l’obtention d’une reconnaissance (diplôme, certificat) et l’intégration au marché du travail.

La devise du CRIRES est : « Pas de recherche sans intervention et pas d’intervention sans recherche. »

Né en 1992 d’un partenariat entre l’Université Laval et la Centrale des syndicats du Québec, le CRIRES comprend aujourd’hui 35 chercheurs rattachés à sept universités.

Le CRIRES compte sur la présence indéfectible de la Fédération des commissions scolaires du Québec à son conseil d’administration pour réaliser des recherches en collaboration. Voici deux exemples où le leadership de commissions scolaires a été essentiel à l’émergence de nouvelles configurations :

• Les élèves à risque pris en charge par le programme Trait d’Union se différencient significativement des élèves à risque non pris en charge. Développé sur cinq ans, le programme Trait d’Union résulte de l’initiative de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke de financer une Chaire de recherche sur la réussite et la persévérance des élèves (chercheur Laurier Fortin).

• Les élèves de petites écoles rurales où le modèle École éloignée en réseau (MELS-CEFRIO) est mis en oeuvre se servent du KF (Knowledge Forum) et d’un système de vidéoconférence (VIA) pour investiguer des problèmes complexes et coélaborer leurs connaissances. Les enseignants de ces écoles collaborent les uns avec les autres, avec l’appui de différents acteurs de 24 commissions scolaires (chercheurs Alain Breuleux, Godeliève Debeurme, Rollande Deslandes, Sandrine Turcotte, Stéphane Allaire et Pascale Thériault, Christine Hamel et Thérèse Laferrière). La FCSQ est une instance incontournable lorsqu’il s’agit de déployer l’innovation au service de la réussite scolaire. Par cette affirmation, le CRIRES veut souligner les efforts d’orientation et de coordination de cette Fédération sur le territoire du Québec, efforts qui se traduisent en termes d’inclusion et de cohésion sociale, de non-violence et de renforcement de capacité collective.

DSC_7618Les commissions scolaires font beaucoup pour que les élèves québécois obtiennent leur diplôme du secondaire. Leurs partenaires contribuent à cet effort social en quête de nouveaux équilibres assujettis aux secousses de vent d’un monde de plus en plus réseauté.

Alors que l’accent jadis a été mis sur les intrants (ressources individuelles et organisationnelles) en matière de réussite scolaire, il se déplace maintenant vers la conception petite-fille-artet la mise en œuvre de nouveaux modes d’organisation de la formation (axe de recherche prioritaire du CRIRES). Nous devons maintenant revoir des questions comme le redoublement scolaire et son effet sur le rapport au savoir des jeunes. Cette question a d’ailleurs été approfondie à titre expérimental à la Commission scolaire des Premières-Seigneuries par Barbara Bader, Claire Lapointe et Geneviève Therriault. L’éruption des technologies mobiles dans les environnements formels et informels d’apprentissage affecte aussi le rapport au savoir des jeunes et donne lieu à de nouvelles interrogations soulevées par une douzaine de chercheurs du CRIRES et plusieurs partenaires dont des commissions scolaires. L’alternance études-travail fait son entrée à l’école secondaire par l’intermédiaire d’une recherche-action qui implique déjà trois commissions scolaires. Une équipe examine les conventions de partenariat afin d’y déceler les tensions que soulève ce nouvel outil de travail (chercheurs Denis Savard et Catherine Larouche).

La question du travail en collaboration est intimement liée à la formation continue lorsqu’il s’agit de mettre sur pied et d’évoluer au sein d’une communauté d’apprentissage professionnel (CaP). Dans le cadre d’un Chantier 7 avec la Commission scolaire de la Côte-du-Sud, les chercheures Anne Lessard et Carole Boudreau montrent qu’une telle communauté contribue positivement au sentiment d’efficacité professionnelle. D’autres projets de type Chantier 7 donnent lieu à des collaborations commissions scolaires-chercheurs qui s’inscrivent dans l’axe prioritaire du CRIRES nommé pratiques proximales (de l’élève), par exemple, en différenciation des apprentissages en sciences et technologie (Commission scolaire de la Capitale et chercheure Sylvie Barma). La Commission scolaire du Fleuve-et-des-Lacs finance elle-même un programme de recherche-intervention sur l’interprétation des erreurs des élèves en mathématiques (chercheure Lucie DeBlois).

Bref, les commissions scolaires font beaucoup pour que les élèves québécois obtiennent leur diplôme du secondaire. Leurs partenaires contribuent à cet effort social en quête de nouveaux équilibres assujettis aux secousses de vent d’un monde de plus en plus réseauté.