Magazine Savoir FCSQ - Fédération des commissions scolaires du Québec

Été 2017

Entrevue avec le nouveau président de la FCSQ, M. Alain Fortier

| Par Caroline Lemieux, attachée de presse à la FCSQ

Comme bien des élus scolaires, c’est à titre de parent qu’Alain Fortier a amorcé son engagement en politique scolaire. Après avoir assisté à l’assemblée générale des parents de l’école primaire fréquentée par son fils, M. Fortier devient rapidement membre du conseil d’établissement, puis commissaire-parent au sein de la Commission scolaire des Découvreurs. Alain Fortier est commissaire-parent depuis 4 ans, lorsqu’il décide de se présenter comme candidat aux élections scolaires de 2007. Élu commissaire, il siège au comité exécutif dès le début de son mandat. En 2009, il est élu président par ses pairs à la suite de la démission de la présidente de la Commission scolaire. Dès lors, il siège au conseil général de la Fédération des commissions scolaires du Québec, où il est ensuite élu membre du bureau de direction en août 2014. Lors des élections scolaires de novembre 2014, M. Fortier est élu président de la Commission scolaire des Découvreurs au suffrage universel.

Une décision mûrement réfléchie

C’est après avoir été sollicité par des pairs, vers la fin de l’été dernier, qu’Alain Fortier a amorcé sa réflexion sur une éventuelle candidature à la présidence de la FCSQ. Lorsqu’il a décidé de faire le saut, c’est avec une vision claire du rôle du président et de celui de la Fédération qu’il s’est présenté, avec comme slogan Réussir… ensemble ! Ses propositions ont rallié la majorité des délégués présents à la 70e Assemblée générale, le 3 juin dernier, eux qui l’ont élu au poste de président pour un mandat de deux ans.

Des parcours complémentaires

Parallèlement à son parcours politique, Alain Fortier est aussi impliqué en éducation sur le plan professionnel, puisqu’il est responsable de la formation pratique à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval. Sa profession l’a ainsi amené à visiter plusieurs milieux.

« J’ai vu des milieux scolaires et j’ai fait de la supervision de stages des Iles-de-la-Madeleine à Montréal. Je suis allé à Baie-Comeau, à Sept-Îles. Je suis allé partout et force est d’admettre que mon expérience professionnelle me procure une vision d’ensemble des réalités scolaires et me sera utile à titre de président de la FCSQ. On peut mettre en parallèle mon cheminement en politique scolaire et mon cheminement professionnel. Je suis un bien meilleur formateur d’enseignants grâce à mon parcours en politique scolaire, car je suis capable de comprendre et
d’expliquer aux futurs enseignants le rôle central d’une commission scolaire et l’importance des élus pour l’équité des services offerts à tous les élèves ».

Une vision du rôle de président

Face à une société qui semble encourager l’individualisme, Alain Fortier croit que le président de la FCSQ doit promouvoir et encourager l’engagement citoyen. À son avis, la population doit se sentir concernée par l’éducation et s’approprier les outils démocratiques qui sont à sa disposition.

Pour y arriver, les élus scolaires de la FCSQ et, au premier chef, le président de la FCSQ, doivent se poser en gardiens du modèle démocratique et des valeurs que sont la solidarité, l’équité, l’intégrité et le développement durable. L’enjeu central de ce modèle d’engagement citoyen est bien sûr la démocratie scolaire : la promouvoir, la sauvegarder, la consolider.

La FCSQ, une référence en éducation

Alain Fortier exprime le souhait que la Fédération devienne l’organisme d’avant-garde de référence en éducation au Québec. « Chaque fois qu’il y a une question au sujet de l’école publique, il faut qu’on se tourne vers nous ». Pour y arriver, le nouveau président souhaite partager plusieurs idées avec les membres du conseil général de la Fédération afin de les arrimer avec le plan stratégique 2017-2022, adopté lors de l’assemblée générale.

M. Fortier propose par exemple que la Fédération formule plus de propositions sur les grands enjeux en éducation et qu’elle tisse davantage de liens sur les plans national et international. La FCSQ vient d’ailleurs d’adhérer officiellement à la Canadian School Boards Association, qui regroupe les commissions scolaires de toutes les provinces.

Le président de la FCSQ souligne également le travail réalisé par le comité de valorisation des élus scolaires, mis sur pied il y a quelques mois, et souhaite donner suite à ses  recommandations, notamment concernant la formation des élus. « Il faut travailler au développement des compétences politiques des présidents. Je pense que la valorisation des élus passe par la formation des élus, c’est incontournable ». M. Fortier encourage aussi la mise en place de communautés d’apprentissage entre élus scolaires.

Parmi les objectifs qu’il s’est donnés pour son mandat, M. Fortier entend apporter une attention particulière aux besoins et aux préoccupations des membres de la Fédération, ainsi qu’à la qualité des services qui leur sont offerts. Il pense qu’il pourrait y avoir une meilleure adéquation entre les besoins des membres et les services offerts par la FCSQ. Le président désire aussi cultiver la relation harmonieuse de la FCSQ avec ses membres, le gouvernement et les partenaires impliqués en éducation, dans le respect du rôle et des responsabilités de chacun.

Un anniversaire à souligner

Alain Fortier arrive à la tête de la Fédération alors que l’organisme, mis sur pied le 27 novembre 1947, aura 70 ans. Le président est d’avis qu’il faut souligner cet anniversaire et en profiter pour rappeler le rôle important de la FCSQ dans l’histoire de l’éducation au Québec.

Le rôle que joue la Fédération auprès de ses membres est aussi important aux yeux d’Alain Fortier. « En même temps, il faut que la FCSQ permette à chaque commission scolaire de poursuivre son développement. Les commissions scolaires sont extrêmement autonomes, mais solidaires ensemble. La Fédération a ce rôle de comprendre les réalités locales et d’aider ceux qui en ont besoin à se développer. »

Si le nouveau président a beaucoup d’ambition pour la Fédération, il ne perd pas pour autant de vue la motivation première à la base de son  engagement, qu’il partage avec tous les élus scolaires : la réussite des élèves. Il formule d’ailleurs ce souhait pour l’avenir de l’école publique, qu’il aborde avec confiance.

« Que tous les groupes qui oeuvrent en éducation travaillent en complémentarité pour l’intérêt supérieur : la réussite du plus grand nombre. Je rêve d’une prise de conscience que tout le monde ne peut pas faire tout. Tout le monde doit travailler ensemble de son lieu, de sa posture à la réussite du plus grand nombre ». •

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