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Réussite des élèves

Le Québec peut-il s’inspirer de l’Ontario ?

| Par Propos recueillis par Caroline Lemieux attachée de presse à la FCSQ

iStock_000008169652LargeDepuis que le gouvernement a annoncé qu’il souhaite faire de l’éducation une priorité et augmenter le taux de diplomation des élèves du Québec, plusieurs voix s’élèvent pour qu’il s’inspire de l’Ontario. Comment la province voisine a-t-elle réussi à augmenter son taux de diplomation de près de 20 % en 10 ans et pouvons-nous nous en inspirer ?

Le Savoir a posé la question à la porte-parole de la ministre de l’Éducation de l’Ontario, Nicole McInerney.

En mai, vous avez annoncé que le taux de diplomation au secondaire avait grimpé à 85,5 % en 2015, son plus haut niveau de l’histoire de l’Ontario. Comment expliquez-vous ce résultat ?

En 2015, le taux de diplomation au secondaire sur cinq ans a, pour la première fois, dépassé l’objectif du gouvernement, qui était de 85 %. Bref, plus d’élèves que jamais avaient acquis les compétences et les connaissances nécessaires pour réaliser leur plein potentiel. Ce résultat représente une augmentation de plus de 17 points de pourcentage par rapport à 2004, alors que taux était de 68 % seulement. Ainsi, on comptait, en 2015, environ 190 000 diplômés de plus que si le taux de 2004 s’était maintenu.

Les efforts des éducateurs, des enseignants, des élèves et des parents méritent d’être salués, car c’est grâce à eux que le taux de diplomation continue de croître.

Cette forte hausse par rapport à 2004 est attribuable aux nouveaux programmes mis en place dans le cadre de notre Stratégie visant la réussite des élèves : la Majeure saute spécialisation, le Programme à double reconnaissance de crédit et le Programme élargi d’éducation coopérative, et à plus de services spécialisés là où les données en indiquaient le besoin.

Nous sommes fiers d’avoir atteint notre objectif et allons poursuivre notre progression grâce à la Stratégie, au travail assidu des élèves, à l’appui des parents et au professionnalisme des éducateurs de toute la province.

La Stratégie visant la réussite des élèves comporte plusieurs volets, notamment les infrastructures, les méthodes d’enseignement et les possibilités d’apprentissage. Est-ce important d’agir sur tous ces fronts en même temps ?

Investir dans la réussite des élèves s’inscrit dans la priorité numéro un de notre gouvernement : la croissance économique et la création d’emploi.

Notre stratégie ouvre de nouvelles avenues et propose des programmes et du soutien pour aider les élèves à réussir. Les élèves qui en ont besoin reçoivent un soutien ciblé et équitable reposant sur leurs forces, leurs besoins et leurs champs d’intérêt afin qu’ils puissent réussir aussi bien que ceux qui n’ont pas besoin d’aide. Nous avons également misé sur des stratégies et des interventions conçues pour aider les élèves avant qu’ils décrochent ou présentent un risque de non-diplomation.

Parmi les facteurs contribuant à la réussite scolaire et au taux de diplomation, citons :

•    la Stratégie ontarienne en matière de leadership, qui nous aide à attirer et à former des leaders compétents et passionnés dans nos écoles;
•    la Stratégie ontarienne d’équité et d’éducation inclusive, qui aide les écoles à réduire la discrimination et à prôner la diversité;
•    l’adoption de stratégies pédagogiques du 21e siècle, qui mettent l’accent sur le raisonnement créatif et l’esprit critique ainsi que l’utilisation de nouvelles technologies et de ressources numériques efficaces pour intéresser les élèves, améliorer leurs compétences et les préparer à réussir.

Des approches innovantes ainsi que des partenariats étroits entre les professeurs, les directeurs d’école, les parents et les communautés contribuent à former des citoyens épanouis qui contribuent à l’économie et qui participent activement à la société.

Ensemble, ces stratégies aident nos élèves et créent les conditions nécessaires à leur réussite.

renewedVisionFrAu Québec, les élèves doivent obtenir au moins 60 % pour décrocher leur diplôme. Lorsque vous parlez d’un taux de diplomation de 85,5 %, que voulez-vous dire exactement ? Ce chiffre s’applique-t-il à toutes les écoles, privées comme publiques ? Après combien d’années ?

Pour obtenir leur diplôme, les élèves ontariens doivent réussir 30 crédits (l’élève reçoit un crédit pour chaque cours terminé avec une note de 50 % ou plus), cumuler 40 heures d’implication communautaire et répondre aux exigences provinciales en matière de littératie. Le taux de diplomation de 85,5 % représente le pourcentage d’élèves qui ont commencé leur neuvième année en 2010-2011 et ont obtenu leur diplôme en cinq ans. Seuls les élèves de neuvième année des écoles secondaires publiques ont été suivis.

Cette tendance à la hausse a été confirmée par l’Étude portant sur les données probantes de l’amélioration obtenue par la Stratégie visant la réussite des élèves de l’Ontario de la division du rendement des élèves (2014), publiée par Directions Evidence and Policy Research Group, qui s’est appuyé sur les données de Statistique Canada sur l’obtention d’un diplôme d’études secondaires.

L’Ontario est maintenant reconnu internationalement – notamment grâce aux résultats obtenus dans le cadre du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) – pour l’amélioration de son taux de réussite scolaire.

Au vu de l’expérience ontarienne, la classe politique québécoise se penche de plus en plus sur l’idée de rendre l’école obligatoire jusqu’à 18 ans. Cette mesure a-t-elle réellement changé les choses ?

La priorité absolue de notre gouvernement est de faire en sorte que les élèves continuent d’exceller dans l’un des meilleurs systèmes d’éducation au monde. Depuis 2003, nous avons fait des progrès notables dans chacun des quatre réseaux d’éducation publics (NDLR : en Ontario, les élèves peuvent fréquenter les écoles publiques (laïques) ou catholiques soit de langue française ou de langue anglaise). Nous voulons que
les élèves soient présents en classe et se concentrent sur leur apprentissage. Les conseils scolaires engagent des conseillers en assiduité pour aider les élèves qui manquent d’assiduité et aider leur famille et les écoles
à mettre au point un plan, à l’appliquer et à en assurer le suivi.

L’aide aux enfants ayant des besoins particuliers est un enjeu important au Québec. Comment l’abordez-vous en Ontario ?

Notre gouvernement tient à fournir à tous les élèves, y compris ceux ayant des besoins particuliers, le soutien dont ils ont besoin pour réussir leurs études.

Notre gouvernement a mis en place la Stratégie ontarienne pour les services en matière de besoins particuliers afin d’épauler les parents, les jeunes, les fournisseurs de services et les communautés et ainsi favoriser la réussite des enfants ayant des besoins particuliers.

Ces élèves recevront 2,76 milliards de dollars en 2016-2017. C’est près de 1,14 milliard, ou 70 %, de plus qu’en 2002-2003. La Loi sur l’éducation exige que les conseils scolaires offrent des programmes et des services destinés à l’enfance en difficulté.

Si le ministère est responsable de la politique d’attribution des fonds aux conseils scolaires, chaque conseil dispose de la souplesse nécessaire pour répartir ces fonds et les ressources dans chaque école ou programme, en fonction de ses politiques et des priorités locales. Chaque conseil détermine quels programmes et services il offrira aux enfants en difficulté pour répondre à leurs besoins.

Nous sommes déterminés à travailler avec les conseils scolaires de tout l’Ontario pour que nos enfants obtiennent le soutien nécessaire et continuent d’exceller.

Dans quelle mesure le Québec devrait-il s’inspirer de l’Ontario en matière d’éducation ?

L’Ontario est un chef de file mondial en éducation. Notre réseau d’éducation public est reconnu comme l’un des meilleurs au monde. Nous avons établi des partenariats avec les parents, les tuteurs et les communautés pour former des diplômés épanouis qui contribuent à l’économie et qui participent activement à la société. Nous avons un plan d’action en matière d’éducation : Atteindre l’excellence – Une vision renouvelée de l’éducation en Ontario. Nous avons accompli des progrès remarquables depuis sa publication l’an dernier, et nous continuerons de trouver de nouvelles façons d’aider nos élèves et nos apprenants à réussir encore mieux en travaillant en étroite collaboration avec nos partenaires pour offrir des programmes et des services efficaces, accessibles et intégrés de grande qualité à tous les élèves de l’Ontario.2015graph_grad_rate265_fr

En axant nos efforts sur les quatre grands objectifs du plan Atteindre l’excellence (atteindre l’excellence, assurer l’équité, promouvoir le bien-être et rehausser la confiance du public), nous consoliderons la place de l’Ontario dans le peloton de tête mondial. 

L’an dernier, la gouvernance des commissions scolaires faisait les manchettes au Québec. La gouvernance des conseils scolaires est-elle un enjeu en Ontario ? Si non, en quoi contribue-t-elle à la réussite des élèves ?

Notre gouvernement appuie et reconnaît le rôle important que jouent les conseils scolaires élus dans le réseau d’éducation publique. En Ontario, les élus scolaires sont des acteurs prépondérants : ils représentent leur communauté sur des questions primordiales en éducation et veillent à ce que les programmes et services restent adaptés aux besoins locaux.

Nous voulons surtout aider les élus scolaires à gouverner efficacement; c’est pourquoi nous travaillons en étroite collaboration avec les quatre associations de conseils scolaires de l’Ontario pour leur fournir les ressources et le perfectionnement nécessaires pour améliorer leur capacité de gouvernance.

Maintenant que vous avez atteint votre objectif (taux de diplomation), quelle est la prochaine étape ?

Notre gouvernement est déterminé à poursuivre sa progression en éducation. Nous continuerons de fournir un appui stratégique et ciblé aux élèves, aux écoles et aux conseils scolaires pour maintenir et améliorer nos taux de réussite scolaire actuels.

Comme la plupart des régions du Canada et du monde entier, nous savons qu’il reste beaucoup à faire en ce qui concerne la réussite en mathématiques. Nous voulons aider plus d’élèves à améliorer leur numératie; c’est pourquoi notre Stratégie renouvelée pour l’enseignement et l’apprentissage des mathématiques prévoit plus de 60 millions de dollars pour l’amélioration des résultats en mathématiques dans toute la province.  
Nous continuerons de favoriser la réussite et le bien-être de tous les élèves ontariens.

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