Magazine Savoir FCSQ - Fédération des commissions scolaires du Québec

Mars 2016

Agir tôt pour permettre à tous les jeunes de réussir à l’école et dans la vie

| Par François Lagarde, vice-président aux communications à la Fondation Lucie et André Chagnon

Photo francois lagarde-2La petite enfance est une période pendant laquelle les enfants font naturellement de nombreux apprentissages qui leur seront utiles jusqu’à l’âge adulte. Ainsi, dès leur plus jeune âge, de multiples connexions neuronales 1 se forment à la seconde dans le cerveau des tout-petits. La petite enfance est un moment privilégié pour agir en prévention puisqu’elle constitue une période exceptionnelle dans le développement humain.

Pourtant, selon l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle,2 un quart des enfants qui fréquentent la maternelle au Québec est considéré comme vulnérable dans au moins un des cinq domaines de développement que sont la santé physique et le bien-être, les compétences sociales, la maturité affective, le développement cognitif et langagier, les habiletés de communication et les connaissances générales.

À l’échelle du Québec, cette statistique démontre la nécessité de considérer l’éducation à la petite enfance comme faisant partie des conditions gagnantes qui permettront au Québec d’atteindre l’objectif du gouvernement de hausser le taux de diplomation et de qualification au secondaire à 80 % d’ici 2020.

Selon un document publié par l’Institut national de santé publique du Québec, l’une des conditions de succès des actions favorisant le développement global des enfants est d’être précoce et de permettre une continuité jusqu’à 8 ans 3

En mars 2015, plus de 150 sommités issues d’universités canadiennes et de disciplines aussi variées que la psychologie, l’éducation, la médecine, l’économie et la neuroscience ont déclaré de manière unanime et sans équivoque que l’investissement dans l’éducation à la petite enfance était bénéfique pour les enfants, la société et l’économie. Dans une lettre ouverte, intitulée BÂTISSONS LE FUTUR : les données probantes qui appuient l’investissement dans l’éducation préscolaire au Canada, les signataires (aujourd’hui au nombre de 1511) ont rappelé les six grandes conclusions suivantes.

1.    Une éducation préscolaire de haute qualité favorise le développement du langage, de la lecture et des habiletés en mathématiques.
2.    Une éducation préscolaire de haute qualité a des bienfaits sur le plan du développement socio-émotionnel.
3.    Il y a davantage de bénéfices avec des programmes de meilleure qualité.
4.    Des programmes de haute qualité améliorent le développement à long terme et bénéficient à une population canadienne diversifiée.
5.    Les bénéfices de l’investissement en éducation préscolaire excèdent de loin leurs coûts.
6.    Les programmes qui favorisent l’engagement des parents ont une plus-value pour les enfants et leur famille.

De plus, des études ont clairement démontré que l’éducation à la petite enfance offre des retombées encore plus importantes au sein des familles immigrantes ou défavorisées.

Dans cette optique, les services de garde éducatifs constituent une priorité. En effet, il a été démontré,4 que les enfants de familles à faible revenu qui ont fréquenté exclusivement un CPE sont 2,5 fois moins susceptibles d’être vulnérables dans un domaine, ou plus, de leur développement. Il s’agit non seulement de favoriser l’accès aux services de garde éducatifs, mais aussi d’en assurer une qualité égale pour tous les enfants afin d’éviter de créer deux classes de services.5

Notre mission

La mission de la Fondation Lucie et André Chagnon est de prévenir la pauvreté en ciblant notamment le développement des tout-petits. C’est la raison pour laquelle nous avons mis sur pied, en 2009 et pour une durée de 10 ans, Avenir d’enfants, en partenariat avec le gouvernement du Québec. Avenir d’enfants vise à ce que chaque enfant arrive à l’école prêt à entreprendre avec succès son cheminement scolaire.

C’est aujourd’hui :

  • près de 400 000 enfants et leurs familles concernés;
  • plus de 2500 organismes à travers le Québec;
  • 131 regroupements locaux de partenaires et 12 instances régionales;
  • 14 communautés des Premières Nations, 1 projet inuit, 2 projets avec les Autochtones en milieu urbain accompagnés.

Par ailleurs, dans le but de soutenir les parents dans le développement de leur enfant, la Fondation publie et finance Naître et grandir – une campagne, un site Web et un magazine – qui offre une source d’information fiable et validée.

En résumé, pour s’attaquer aux causes de la pauvreté dans une optique de prévention, la Fondation Lucie et André Chagnon a choisi de miser sur le développement des personnes et donc d’agir dès leur plus jeune âge et tout au long de leur parcours menant à l’âge adulte. L’éducation à la petite enfance est, à ce titre, un des éléments fondamentaux permettant d’assurer la réussite éducative des jeunes Québécois.

Visuel p 15

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 1    Voir l’article Five Numbers to Remember About Early Childhood Development (2009) – Center on the developing child, Harvard University.
  2    Publiée en 2013 par l’Institut de la statistique du Québec.
 3    Voir Les conditions de succès des actions favorisant le développement global des enfants – État des connaissances – Institut national de santé publique du Québec (2014).
  4    Selon l’Enquête montréalaise sur l’expérience préscolaire des enfants de maternelle (2012).
  5    Selon l’Enquête québécoise sur la qualité des services de garde éducatifs (2014) aussi connue sous le nom de Grandir en qualité, Institut de la statistique du Québec.

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