Magazine Savoir FCSQ - Fédération des commissions scolaires du Québec

Décembre 2015

La parité hommes-femmes en démocratie scolaire

Un acquis à préserver
| Par Caroline Lemieux, attachée de presse à la FCSQ, clemieux@fcsq.qc.ca

caroline-lemieuxLe Profil des élus, réalisé par la FCSQ à la suite des élections scolaires du 2 novembre 2014, révèle que la parité est atteinte en démocratie scolaire, alors que les femmes représentent 51 % des élus scolaires. C’est beaucoup plus qu’aux paliers municipal et provincial. D’ailleurs, dans son avis Les femmes en politique, en route vers la parité, rendu public en octobre dernier, le Conseil du statut de la femme déplore que les femmes soient sous-représentées en politique au Québec avec seulement 32 % de femmes parmi les conseillers municipaux et 27 % chez les députés provinciaux (voir les statistiques sur le site du Conseil du statut de la femme).

Après avoir étudié les mesures adoptées au Québec et ailleurs dans le monde pour hausser la présence politique des femmes et recueilli les témoignages de femmes qui ont fait ou font de la politique, le Conseil conclut que le Québec doit effectuer un virage pour atteindre la parité politique. De toute évidence, l’abolition de la seule démocratie paritaire au Québec – la démocratie scolaire – comme l’envisage présentement le gouvernement, irait totalement à  l’encontre de cette recommandation.

Plusieurs voix s’élèvent, tant au Québec qu’ailleurs, en faveur d’une plus grande place pour les femmes dans des postes décisionnels, notamment en politique. Peu de temps après la publication de l’avis du Conseil, l’ex-ministre Lise Payette, accompagnée d’autres leaders féministes, a rendu public un manifeste exi- geant une meilleure représentation des femmes en politique. Mme Payette souhaite d’ailleurs organiser un sommet des femmes en mars, où le   gouvernement sera invité à présenter ce qu’il entend faire à ce chapitre. Il va sans dire que l’abolition de la seule démocratie paritaire au Québec marquerait un recul gênant.

Mme Josée Bouchard, présidente de la FCSQ, en compagnie de femmes d’influence qui ont donné leur appui lors de la conférence de presse de la FCSQ : Mmes Lorraine Leduc, du Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec, Élaine Hémond, fondatrice du Groupe Femmes, Politique et Démocratie, Céline Hervieux-Payette, sénateur et Claire Bolduc, de Solidarité rurale lors d’un point de presse le 15 octobre 2015.

Cette forte mouvance vers la parité hommes-femmes en politique a aussi été mise en évidence à la suite de la formation du cabinet, paritaire, du gouvernement Trudeau et des propos du premier ministre. Lorsqu’il fut interrogé sur la raison qui le motivait à former un cabinet paritaire, il a tout simplement répondu : « parce que nous sommes en 2015 ». Pour lui, la parité semble une évidence et sa détermination à l’atteindre a d’ailleurs été applaudie par un concert d’éloges.

Une orientation du gouvernement à contre-courant

En fait, l’atteinte de la parité hommes-femmes est un objectif que se sont fixé plusieurs pays, comme l’a souligné la fondatrice du Groupe Femmes, Politique et Démocratie, lors d’un point de presse le 15 octobre dernier. En  compagnie de Josée Bouchard, présidente de la FCSQ, et de plusieurs femmes ayant à cœur la participation des femmes à la vie démocratique, Élaine Hémond a fait valoir que 125 pays se donnent des mesures pour soutenir l’accès des femmes aux postes de pouvoir, alors que le Québec irait complètement à contre-courant s’il allait de l’avant avec l’abolition des élections scolaires.

La représentation des femmes en politique est essentielle; elle leur permet de se prononcer sur des enjeux de société importants et la présence des femmes en politique scolaire est déterminante parce qu’elle trace la voie à plusieurs pour poursuivre leur engagement à d’autres paliers, comme en témoignent les parcours du sénateur Céline Hervieux-Payette, de la ministre Francine Charbonneau, ou encore de la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, toutes trois commissaires scolaires par le passé.

L’abolition des élections scolaires s’inscrirait totalement en faux contre la tendance générale qui est de s’outiller pour favoriser une meilleure représentation des femmes en politique en éliminant une de ses voies d’accès.

 

 

 

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