Magazine Savoir FCSQ - Fédération des commissions scolaires du Québec

Mars 2014

Les fusions entraînent-elles des économies?

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Josée Bouchard Présidente FCSQ

Incroyable, mais vrai! Nous voilà repartis dans de stériles débats de structures. La vision strictement comptable de l’éducation présentée par le gouvernement dans son Budget 2014-2015 est désolante. Le seul argument invoqué pour procéder à une restructuration des commissions scolaires est le coût par élève des services éducatifs et la réalisation d’économies potentielles de 125 M$. Pour ce qui est des économies liées à des fusions, c’est un discours que le gouvernement nous a déjà servi en 1998 alors que le nombre de commissions scolaires est passé de 156 à 72, mais les économies anticipées de 100 M$ à l’époque ne se sont jamais matérialisées. Au contraire, les fusions ont entraîné des dépenses supplémentaires de 70 M$ ; ce que le gouvernement a reconnu en nous remboursant 40 M$. Québec aura donc des démonstrations à faire pour expliquer comment les économies anticipées se concrétiseront et éviter de répéter les mêmes erreurs. Mais il faudra surtout que l’analyse d’éventuels scénarios de restructuration des commissions scolaires tienne compte de ce qui est au cœur de notre engagement en éducation : l’élève ! Un scénario qui remettrait en cause la valeur fondamentale à la base de notre système public d’éducation, soit l’équité des services pour tous les élèves, serait tout simplement inacceptable.

L’argument du coût par élève est d’ailleurs le plus inquiétant. Sous prétexte que plus la taille d’une commission scolaire augmente, plus ses coûts par élève sont faibles, le gouvernement prône leur regroupement afin d’atteindre une taille optimale, qui se situerait autour de 35 000 élèves. Or, ces coûts plus élevés sont le résultat d’un choix de société que nous avons fait, c’est-à-dire d’offrir des services éducatifs de qualité à tous les élèves du Québec, où qu’ils soient sur le territoire et peu importe leur statut socioéconomique. Est-ce cela que nous remettons en question, notre système d’éducation publique accessible, équitable et démocratique issu de la Révolution tranquille? Pour ma part, je défendrai toujours le droit d’un élève qui habite Pointe-au-Pic ou Montréal à avoir la même qualité de services en éducation.

Et la question ultime qu’il faut se poser est bien sûr en quoi ces débats de structures viendront améliorer la persévérance scolaire. Poser la question c’est y répondre. Cela va évidemment détourner des ressources et des énergies de notre mission première, la réussite des élèves. Je profiterai donc de la campagne électorale provinciale pour demander aux différents partis politiques de nous présenter une réelle vision de l’éducation, qui va au-delà des slogans populaires. À ce sujet, rappelons que la FCSQ propose une plateforme pour l’adoption d’une politique nationale en éducation publique, qui assurerait la pérennité de notre système d’éducation.

Et même si la tenue de la campagne électorale actuelle amènera inévitablement le dépôt d’un nouveau budget dans les prochaines semaines, il ne faut pas prendre les intentions de regroupement à la légère, car elles sont clairement mises en lien avec le travail du groupe d’experts sur le financement, l’administration, la gestion et la gouvernance des commissions scolaires dont le rapport est attendu en mai.

Des enjeux pour les élections scolaires

Malgré ces remises en question au niveau des structures, la tenue des élections scolaires du 2 novembre 2014 est toujours assurée et ces questionnements pourront éventuellement se transformer en enjeux électoraux et susciter un plus grand intérêt pour la campagne électorale scolaire. Pour sa part, la Fédération poursuit son travail de valorisation de la démocratie scolaire, notamment en bonifiant de façon régulière le contenu du site www.electionsscolaires2014.com entièrement dédié aux élections scolaires et qui, je vous le rappelle, s’adresse autant aux candidats potentiels qu’aux électeurs.

Comme annoncé, nous avons également une section spéciale de ce numéro du Savoir consacrée au scrutin de novembre et particulièrement inspirante. Vous pourrez y lire des témoignages et des analyses sur l’engagement citoyen. La période électorale actuelle est d’ailleurs un excellent moment pour faire valoir l’importance pour une société démocratique d’avoir des citoyens engagés, entres autres, en éducation.

Enfin, je me permets de vous rappeler que la FCSQ tient son colloque les 12 et 13 juin à Québec sur la qualification et la formation de la main-d’œuvre, un enjeu important. Le colloque sera précédé d’un gala des Prix d’excellence mettant en valeur les approches éducatives innovatrices, sous la présidence d’honneur du chef Jean Soulard. L’invitation est lancée!

Josée Bouchard
Présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec

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