Magazine Savoir FCSQ - Fédération des commissions scolaires du Québec

Mars 2014

Spécial élections scolaires

Entrevue avec un grand stratège politique, John Parisella

« Toute forme de démocratie mérite qu'on en prenne soin! » - John Parisella
| Par Marie Blouin, conseillère en communications, FCSQ
Marie Blouin Conseillère en communications FCSQ mblouin@fcsq.qc.ca

Marie Blouin
Conseillère en communications
FCSQ

La Fédération des commissions scolaires du Québec a rencontré un homme passionné de politique, un homme engagé comme citoyen et un expert en politique internationale qui guide depuis longtemps des politiciens, femmes et hommes, qui ont choisi de servir les citoyens. C’est avec beaucoup de générosité que John Parisella a livré au Savoir sa perception sur la démocratie et l’importance de voter aux élections scolaires dans un contexte politique où elles sont grandement remises en question. John Parisella a été notamment chef de cabinet des premiers ministres Robert Bourassa et Daniel Johnson fils, et délégué général du Québec à New York. Il occupe actuellement le poste de directeur exécutif de Campus Montréal, responsable de la grande campagne de financement de HEC Montréal, Polytechnique Montréal et de l’Université de Montréal. Il est également professeur invité au CÉRIUM.

Cet homme fort occupé est heureux de partager et de donner aux autres ce qu’il a acquis comme expérience dans le milieu politique parce que, pour lui, la politique scolaire est aussi importante que les autres formes d’engagement politique.

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« Lorsque je regarde le chemin parcouru, mon expérience comme professeur d’histoire au secondaire à la Commission scolaire de Montréal constitue l’un de mes plus beaux souvenirs. »

M. Parisella estime qu’ici au Québec, nous sommes choyés d’avoir l’un des systèmes politiques les plus valables sur terre. « On ne doit pas conclure trop rapidement que la politique est sale et que notre système est corrompu. Je suis convaincu que la majorité des gens qui sont en politique sont là pour les bonnes raisons, qu’ils veulent faire avancer les choses et qu’ils sont honnêtes! » Bien qu’il reconnaisse l’importance d’agir pour empêcher la corruption, renforcer les règles s’il le faut et apprendre des erreurs qu’on a faites, il estime important de croire en notre démocratie et de contribuer à l’enrichir! En bon observateur, il souligne le désengagement politique généralisé partout dans le monde à tous les paliers, municipal, provincial, fédéral et scolaire. La situation aux États-Unis, nous dit-il, est encore plus critique, et ce, depuis au moins une trentaine d’années.

Pour M. Parisella, les élections scolaires représentent pour la population une occasion en or de manifester sa croyance aux valeurs et à l’importance de l’éducation publique. « Le citoyen a le pouvoir de s’exprimer et a droit au chapitre de son destin en éducation. C’est sa responsabilité aussi comme citoyen. »

« S’abstenir de voter aux élections scolaires, c’est laisser aux autres le pouvoir de décider de notre avenir en éducation. »

En politique scolaire, ajoute-t-il, il ne faut pas s’attendre à ce que le taux de votation soit très élevé. « En fait, on ne doit pas évaluer la santé de la démocratie scolaire par le taux de participation aux élections parce que l’éducation attire et intéresse surtout les parents même si, en réalité, cela devrait concerner tout le monde en raison de l’impact que ça crée sur les plans économique et social notamment. » Il est d’avis que le gouvernement et le Directeur général des élections doivent soigner la démocratie scolaire, contribuer à la renforcer auprès de la population du Québec à cause du rôle majeur qu’elle joue dans l’évolution du Québec.

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« La démocratie scolaire représente une occasion en or de s’exprimer comme citoyen pour protéger nos acquis et contribuer à l’évolution de l’éducation publique. »

saviez-vous-que-john-parisellaUn bon politicien, c’est quoi?

Pour M. Parisella, un bon politicien scolaire c’est quelqu’un qui a des idéaux, qui veut servir les gens, qui est à leur écoute en livrant des enjeux qui les interpellent et les stimuleront à s’investir en éducation. C’est quelqu’un aussi qui est capable d’absorber les coups durs que provoque l’arène politique. C’est aussi un homme ou une femme qui souhaite apporter un changement, qui a une vision, qui veut proposer quelque chose de différent pour améliorer l’éducation dans son milieu. Il encourage les jeunes à se lancer en politique parce qu’ils représentent la nouveauté, la modernité et l’espoir d’un monde meilleur.

Pour être un bon politicien – Qualités requises selon John Parisella

• L’honnêteté
• Être déterminé
• Être soi-même
• Avoir de l’audace et des convictions
• Se distinguer parmi les autres candidates et candidats
• Livrer des enjeux qui rejoignent les intérêts
des gens en éducation
• Multiplier les moyens pour favoriser la votation

M. Parisella estime qu’à l’heure actuelle, il faut multiplier les moyens pour stimuler les gens à voter aux élections scolaires comme à toutes les autres formes d’élections. « Les médias sociaux transforment le vote. Tout se fait par Internet maintenant. Malgré des tentatives infructueuses sur ce plan, ouvrir et offrir d’autres voies à la population, surtout dans une perspective de rejoindre plus efficacement la jeunesse québécoise, seraient nécessaires. »

M. Parisella lance donc un appel à la population à voter aux élections scolaires du 2 novembre 2014 et incite toutes les personnes qui ont le sens profond de l’engagement, la croyance de vouloir apporter une contribution en éducation et qui souhaitent faire une différence, à se présenter comme candidat aux élections scolaires. « L’expérience en politique est exaltante et mérite qu’on s’y investisse! » conclut-il.

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