Magazine Savoir FCSQ - Fédération des commissions scolaires du Québec

Décembre 2012

Recherche Finlande-Québec : des préjugés tenaces malgré des résultats scolaires comparables depuis 10 ans

| Par Guy Pelletier, professeur titulaire à l’Université de Sherbrooke au Département de la gestion de l’éducation et de la formation - guy.pelletier@usherbrooke.ca
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Guy Pelletier

Ce texte réalise un regard croisé des systèmes éducatifs de la Finlande et du Québec à l’aune des résultats des épreuves PISA de la  décennie des années 2000. Quelles sont les similitudes? Quelles sont les différences?

Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a pour but de déterminer, d’abord au sein des pays membres, la nature des connaissances et des compétences  acquises par les élèves au terme de leur scolarité obligatoire qui correspond le plus souvent à 9 années d’études. À cette fin, les enquêtes de PISA se réalisent auprès d’élèves de 15 ans. La base de données PISA offre un éventail d’information qui permet  d’analyser les facteurs qui influencent la performance des élèves et de les comparer entre les pays.

Des résultats similaires depuis 10 ans

portables_jeunesLors de l’enquête PISA 2000 pour les épreuves de sciences, les élèves québécois ont obtenu le score de 541 et la Finlande 538 alors  que la moyenne des pays participants était de 500. Pour les épreuves en lecture, les élèves finlandais ont obtenu le score de 546 (1er rang) et les élèves québécois ont été au deuxième rang (536). Enfin, pour les épreuves en mathématiques, les élèves québécois ont été au deuxième rang (550), les élèves finlandais au 4e rang (536) (MELS, 2007, pp. 10, 15, 20).

L’enquête PISA 2003 révèle un très haut niveau de réussite des élèves finlandais et québécois. Ainsi, ces derniers ont obtenu 537  points, les élèves finlandais 544 points alors que la moyenne de l’ensemble des pays de l’OCDE est de 500 points. Si l’on réalise une  mise en rang, les élèves de 15 ans du Québec se situent au 5e rang du classement de l’ensemble des pays participants (MELS, 2004, p.  3).

Par ailleurs, l’analyse des résultats de l’enquête de 2003 révèle, au regard des compétences en lecture, que les élèves québécois se  classent au 4e rang des pays participants, mais que seule la Finlande obtient un résultat significativement meilleur que le Québec  (MELS, 2004, p. 13). Au regard des compétences en sciences, les élèves québécois se classent au 11e rang des pays participants. Seuls la Finlande, le Japon, Hong Kong/Chine et la Corée possèdent un résultat significativement meilleur que le Québec (MELS, 2004, p.  16). Pour les compétences en résolution de problèmes, les élèves québécois de 15 ans se classent au 7e rang des pays participants.  Seuls la Corée, Hong Kong/Chine et la Finlande possèdent un résultat significativement meilleur que le Québec (MELS, 2004, p. 19).

Guy Pelletier, professeur au Département de la gestion de l’éducation et de la formation à l’Université de  Sherbrooke, publiera en juin 2013 dans une revue internationale les résultats d’une étude intitulée Finlande- Québec au temps d’une décennie PISA : regards croisés de deux systèmes éducatifs. Cette étude fait ressortir  notamment que les résultats des élèves québécois aux examens PI SA sont quelque peu similaires à leurs pairs de  la Finlande, et ce, sur une période de dix ans. Dans cet extrait, l’auteur dévoile certains résultats de l’étude.

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Lors du PISA 2006, les élèves québécois ont obtenu le score de 522 sur l’échelle globale de lecture, soit nettement supérieur à la  moyenne de 500 pour les pays de l’OCDE. Ils se classent au 4e rang des 57 pays participants. Ils sont précédés par la république de  Corée (556), la Finlande (547) et la Chine/Hong Kong (536). Pour les épreuves de sciences, ils ont obtenu le score de 531. Ils sont au 4e rang des pays participants après la Finlande (563), la Chine/Hong Kong (542), Taipei chinois (531). Enfin, en mathématiques, ils ont obtenu le score de 540 alors que la moyenne des pays participants est de 527. Ils sont au 5e rang après Taipei chinois (549), la  Finlande (548), la Chine/Hong Kong (547), la république de Corée (547) (MELS, 2007).

La Finlande et le Québec ont des résultats de grande proximité en regard des autres pays participants aux épreuves PI SA

Lors du PISA 2009, les élèves québécois ont obtenu le score de 522 sur l’échelle globale de lecture, soit nettement supérieur à la moyenne de 496 pour les pays de l’OCDE. « Les élèves québécois se classent au 6e rang des 65 pays et économies participants »  (MELS, 2010b, p. 5). La Finlande se situe au 3e rang (536) après Shanghai (556) et la Corée (539), suivis de Hong Kong (533) et de Singapour (526). En mathématiques, les élèves québécois ont obtenu le score de 543 sur l’échelle globale alors que la moyenne des pays de l’OCDE est de 497. Les élèves québécois se classent au 5e rang des 65 pays participants ex-æguo avec Taipei (Chine) (MELS,  2010, p. 11). Le Québec est précédé de Shanghai (600), Singapour (562), Hong Kong (555), la Corée (543) et suivi de la Finlande (541). Pour la note globale en sciences, les élèves québécois ont obtenu 524 points lorsque la moyenne de l’OCDE est de 501. Son classement est au 10e rang (MELS, 2010b, p. 29). Le premier rang est occupé par Shanghai (575) suivi de la Finlande (554), soit un  écart supérieur significatif d’un peu moins de 6 % par rapport au score québécois.

femme_avec_deux_petits_garconsLa génération des épreuves PISA des années 2000 permet des comparaisons longitudinales. À cet effet, « Le Québec continue  d’afficher un très bon rendement en mathématiques et, même s’il n’a pas connu de variation significative au fil du temps, le nombre  de pays qui, statistiquement, ont devancé le Québec a diminué et est passé de deux en 2003 à un seul en 2009. Seul Hong  Kong/Chine a surclassé le Québec en 2003 et de nouveau en 2009. » (MELS, 2010b, p. 27). Au cours, des années 2000, le Québec  continue d’avoir des résultats élevés. Toutefois, s’il y avait deux pays qui le devançaient en 2006 (Finlande et Hong Kong), en 2009 à ces deux pays s’ajoutent la Corée et le Japon qui ont amélioré leur rendement. Au regard de la lecture, le Québec se situe toujours  au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE : « Toutefois, comme le Québec n’a pas amélioré son rendement, le nombre de pays qui  l’ont devancé statistiquement a augmenté, passant d’un en 2000 à trois en 2009. Seule la Finlande a devancé le Québec en 2000, et  même si le rendement de la Finlande a diminué en 2009, son score relatif demeure supérieur à celui du Québec » (MELS, 2010b, pp. 19-20).

En somme, la Finlande et le Québec ont des résultats de grande proximité en regard des autres pays participants aux épreuves PISA. L’analyse comparative révèle un certain nombre de problèmes méconnus du système scolaire finlandais et des réussites souvent «  méconnues » du système scolaire québécois. Par ailleurs, à certains égards, le système québécois a connu ces dernières années une politisation ministérielle accrue de son fonctionnement alors que le système finlandais a, somme toute, pu l’éviter. Mais, est-ce que  cela ne serait pas partie remise? Bien des défis sont au rendez-vous pour l’un et l’autre de ces systèmes éducatifs en évolution…

Le Québec continue d’afficher un très bon rendement en mathématiques

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