Magazine Savoir FCSQ - Fédération des commissions scolaires du Québec

Décembre 2012

Réinventer le chemin des écoliers

| Par François Marcil, Vélo Québec - fmarcil@velo.qc.ca

La plupart d’entre nous se souviennent avec nostalgie du trajet qu’ils faisaient, à pied ou à vélo, avec leurs camarades pour aller à  l’école. Si le chemin des écoliers nous semble aujourd’hui un concept un peu suranné, c’est avant tout parce que dans notre réalité du 21e siècle, deux enfants sur trois vont à l’école en autobus scolaire ou en auto avec leurs parents1. Pourtant, en ville, la majorité des déplacements en auto vers l’école se font sur des distances inférieures à un kilomètre2.

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Dans les faits, le nombre d’enfants qui vont à l’école à pied ou à vélo a diminué de 80 % à 30 % depuis 1970; parallèlement, l’inactivité  des jeunes et les problèmes de santé qui y sont liés sont devenus une préoccupation sociale importante. Tous s’entendent  sur la nécessité de faire bouger les jeunes tous les jours. Pour Vélo Québec qui fait la promotion du vélo depuis 45 ans déjà, une façon simple de ramener l’activité physique dans le quotidien des jeunes est de favoriser des déplacements actifs (à pied ou à vélo) vers l’école.

Et cela fonctionne! Depuis 2005, notre programme À pied, à vélo, ville active propose aux écoles un programme qui encourage les  déplacements actifs et sécuritaires des enfants. À ce jour, À pied, à vélo, ville active, implanté dans 39 commissions scolaires dont 375  écoles, a rejoint plus de 120 000 jeunes et leurs parents. Notre objectif est de sensibiliser les familles aux opportunités du transport
actif dans l’ensemble des écoles du Québec d’ici 2017.

1 Gagné, S. et Lewis P., Le déclin de la marche pour aller à l’école. Routes et transports : 37(1) 2008.

2 Idem

Une intervention professionnelle

Le cœur du projet gravite autour de l’école primaire et il est réalisé par le mandataire régional3 de Vélo Québec. Sa première tâche consiste à  produire, avec la collaboration de la municipalité, un plan de déplacement scolaire. Ce plan dresse un portrait détaillé des habitudes de déplacement des élèves et de leurs parents, identifie les obstacles au transport actif et formule des recommandations concrètes pour améliorer les conditions de déplacement vers l’école. Dans la très grande majorité des cas, ces recommandations visent la  sécurité et s’adressent à la municipalité (ajout de feux de circulation, renforcement des limites de vitesse, mesures d’apaisement de la circulation, etc.), mais également à l’école (zone de débarquement des autobus, circulation des autos autour de l’école, etc.).

Parallèlement, des actions visant à informer et à sensibiliser les parents, le personnel enseignant et les enfants se déclinent de  différentes façons pour s’intégrer à la vie scolaire et communautaire : rencontres, activités ludiques, formation sur la sécurité à vélo offertes de concert avec les policiers, marches en faveur de rues plus sécuritaires, etc. L’intérêt du projet est que cette intervention  professionnelle est offerte gratuitement aux écoles et municipalités, le projet étant financé par Québec en Forme et par le ministère des Transports du Québec.

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3 Coordonnées du mandataire du programme À pied, à vélo, ville active de sa région : s’adresser à Vélo Québec.

Des avantages pour le milieu

filette-veloDans les écoles qui ont implanté le programme, chaque famille qui choisit d’intégrer régulièrement le transport actif à sa routine fait  bénéficier ses enfants de plusieurs impacts positifs : ceux-ci arrivent bien oxygénés après 15 ou 20 minutes d’activité physique, sont  plus concentrés en classe et développent davantage leur autonomie. Mieux encore, le programme permet de réduire la congestion  routière autour de l’école, rend le quartier plus sécuritaire pour les piétons et les cyclistes, en plus de favoriser un environnement sain et la vie au sein de sa communauté.

Les commissions scolaires peuvent jouer un rôle actif dans le développement du transport actif sur leur territoire, comme l’a fait la  Commission scolaire de Laval en affirmant publiquement sa volonté de prioriser les transports actifs, les saines habitudes de vie et la  sécurité aux abords des écoles. Elle peut aussi prendre en considération le transport actif dans son plan de transport scolaire comme à la Commission scolaire des Phares à Rimouski.

Les plus grandes qualités du programme À pied, à vélo, ville active sont sa souplesse, sa capacité de s’adapter à la réalité de chaque  école et l’expertise professionnelle offerte pour la réalisation des plans de déplacements scolaires. Mais sa plus belle réussite est de redonner aux enfants la possibilité de vivre le chemin des écoliers à leur rythme.

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