Magazine Savoir FCSQ - Fédération des commissions scolaires du Québec

Juin 2012

Entrevue avec Paul St-Pierre Plamondon, cofondateur de Génération d’idées

| Par Marie Blouin, conseillère en communications, FCSQ - mblouin@fcsq.qc.ca
Marie Blouin Conseillère en communications FCSQ mblouin@fcsq.qc.ca

Marie Blouin
Conseillère en
communications
FCSQ
mblouin@fcsq.qc.ca

Paul St-Pierre Plamondon représente la jeunesse au Québec et un modèle d’engagement social pour les jeunes âgés de 20 à 35 ans. C’est lui qui a fondé, en 2008, Génération d’idées pour que les jeunes de tous les horizons puissent s’exprimer, participer à la résolution de problèmes et proposer des solutions pour le Québec de demain. Le but de Paul St-Pierre Plamondon : transformer le cynisme des jeunes à l’égard de la situation sociale et politique et leur donner une voie pour contribuer à l’essor du Québec.

Tourné vers l’action, le président de Génération d’idées félicite la Fédération des commissions scolaires de tenir ce sommet. « Ce sommet est un événement majeur et innovateur. Il permet d’apporter de nouvelles idées en éducation et de se donner le droit d’innover à un moment propice où plusieurs réfléchissent à notre système d’éducation. »

« Dans notre groupe composé notamment d’enseignants, on mise sur l’intelligence collective. On tient des événements avec des jeunes, on les écoute et on les consulte. »

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Me Paul St-Pierre Plamondon lors du Sommet sur l’éducation publique tenu en 2012 par la FCSQ.

Avocat spécialisé en litige commercial et civil, il quitte son emploi en 2009, à 33 ans, pour faire une tournée des régions du Québec dans le but de mieux comprendre les valeurs et les idées de sa génération. Qu’ont-ils à dire? Qu’est-ce qu’ils pensent du Québec actuel et comment voient-ils son avenir? C’est dans cette perspective qu’il est allé conquérir et mobiliser plus de 300 personnes de 19 villes en plus d’établir des liens avec de nombreux organismes régionaux.

Déterminé, il est particulièrement préoccupé par l’engagement social des jeunes et sensible à la cause de l’éducation publique. « Pour nous, le problème majeur et sur lequel notre groupe croit qu’on devrait le plus insister, c’est sur le rôle essentiel de l’enseignant. Cette fonction est présentement dévalorisée. Ce n’est pas normal qu’elle soit dans cet état lamentable au Québec. Cela contribue à une perception négative de l’école publique. »

Selon M. Plamondon, on sous-estime le rôle de l’enseignant. Pourtant, ajoute-t-il, c’est lui qui forme et influence le citoyen de demain sur les plans personnel et professionnel. Le décrochage des jeunes enseignants le préoccupe également. Pourquoi de jeunes enseignants décrochent?

jeunes-lecture-bibliothequeLes défis

Parmi les défis que le milieu de l’éducation doit relever pour mieux remplir sa mission, le porte-parole de Génération d’idées recommande de donner aux enseignants les outils adéquats pour travailler, par exemple, plus de programmes d’intervention précoce en lecture, leur fournir davantage d’études sur les effets du redoublement, de réintégrer à l’école le respect de l’enseignant, celui de la fonction et de ses connaissances. Pour Paul St-Pierre Plamondon, la création d’un ordre des enseignants constitue une voie à explorer pour les protéger et mieux les soutenir dans leur travail. Parmi les autres points sur lesquels on devrait plus insister, il cite aussi le cas du haut taux d’analphabètes au Québec et la création d’un sentiment d’appartenance à l’école pour contribuer à la motivation des enseignants pour leur travail et éviter qu’ils décrochent.

Avec les coupures budgétaires majeures en éducation, Paul St-Pierre Plamondon est inquiet pour l’avenir du système public d’éducation. « On ne finance pas adéquatement l’école publique. On contribue selon lui à le démolir en donnant trop d’argent à l’école privée. On plonge le système vers une ghettoïsation au sein des écoles publiques puisqu’elles ne pourront qu’accueillir surtout des élèves en difficulté. On doit soutenir l’excellence à l’école publique et cesser les débats inutiles comme celui touchant l’abolition des commissions scolaires. Ce sont des structures intermédiaires nécessaires qui veillent à la coordination des services offerts dans les écoles afin que tous les élèves reçoivent les services auxquels ils ont droit. » Selon lui, elles doivent bien sûr s’améliorer et considérer certaines innovations pour mieux remplir leur mission, particulièrement dans le contexte de l’amputation du budget en éducation qui ajoute un coefficient de difficulté supplémentaire. Le travail colossal réalisé dans les années 60 en créant le système public d’éducation semble oublié.

« L’éducation était un facteur de prospérité économique et social à l’époque. Pourtant, elle l’est davantage aujourd’hui dans le contexte d’une économie mondialisée où nos industries manufacturières traditionnelles se tournent vers l’Asie. Pour avoir une société innovante, on doit pouvoir compter sur une société éduquée. Tout le monde, de quelque milieu que ce soit, est nécessaire pour assurer la prospérité du Québec et chaque personne a droit de recevoir une éducation de qualité, peu importe d’où il provient! »

 

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